Le recrutement

(3ème partie)
La rencontre
Nul ne peut affirmer qu'il existe une recette magique dans l'art de l'entretien. En radio, on peut cependant examiner quelques spécificités. La ponctualité à un rendez-vous est normale pour un animateur. Une émission radio n'attend personne pour débuter. L'habileté de communication est tout aussi naturelle car il s'agit bien d'un rôle de communicateur à l'antenne. Il y a ensuite des éléments plus abstraits comme la chaleur et la présence. Les structures personnelles dans le choix des mots et des sujets abordés ainsi que le sens de l'humour sont des attraits importants, sans oublier cette passion et cette aptitude à vendre le concept de la radio !
Que la rencontre ait été engendrée par une maquette intéressante ou la référence d’une connaissance commune, le déroulement est chimique. Pour le meilleur ou le pire, la réaction est naturelle. Mais on peut relever la présence de déclencheurs qui semblent jouer des effets déterminants. Ce sont des approches à éviter.
Les approches
La première approche est basée sur une connaissance minimum de la radio qui est sollicitée. Beaucoup d'animateurs se présentent à un entretien alors qu'ils n'ont jamais vraiment écouté cette radio. Certains le déclarent sans gêne, d'autres tentent de le dissimuler. Le plus amusant est d'entendre leurs commentaires sur ce que devrait être ou ne pas être dans la radio. Je ne plaisante pas, c’est fréquent. Heureusement plusieurs l'ont écoutée, soit par goût personnel, soit par professionnalisme, et cela se vérifie.
Certains animateurs sont négatifs et même offensants pour l'équipe de la radio qu'ils sollicitent. Il arrive par conséquent que l'on critique de manière virulente des composantes de l'antenne, voire des animateurs qui y évoluent. C'est là l'approche la plus désastreuse entre toutes.
L'approche qui consiste à proposer un projet d'émission pour accéder à une radio est courante mais n'aboutit ordinairement pas. C'est peut-être parce que ces projets sont conçus d'une manière trop généraliste et ne tiennent pas suffisamment compte des orientations stratégiques de chaque radio. Normal, c'est traditionnellement un sujet bien gardé. De l'extérieur, ce décodage est un grand défi, certes, mais il n'est pas insurmontable. Il faut savoir que les gens de la radio raisonnent plus en termes de concept général basé sur la personnalité et le talent des animateurs, qu’en termes d'émissions spécifiques.
La présentation d'un projet de rubrique est encore plus utilisée, mais affronte sensiblement les mêmes obstacles que les projets d'émissions. Dans les deux cas d'ailleurs, le manque d'originalité du ton et du sujet sont la cause de l'échec. Cette démarche de projet est sans doute mieux appropriée à la télévision.
Dans la spécialité d'interview à la radio, on constate étonnamment l'écart entre une demande rare et une offre pléthorique. Les débutants en rêvent, les animateurs confirmés aussi et même les vedettes de la télé qui souhaitent exister à la radio. On veut naviguer dans l'espace des stars, on veut les rencontrer, les interroger, pour que le public réalise à quel point on maîtrise l'art de poser des questions à des artistes qui les ont pourtant entendues mille fois mais qui sont dans une phase polie de « promotionnellement correct ». Il n'y a que peu d'offres, peu d'élus, et j'estime que les animateurs demandeurs ne devraient pas tout miser sur cette approche.
En d'autres termes, les projets d'émissions, de rubriques, d'interviews s'affichent parmi les approches les plus banales et les plus inefficaces. On cherche un bon animateur original, on se retrouve avec un accessoiriste du déjà entendu !
Consultez un sondages auprès de 56 directeurs des programmes dans le monde à propos de l'animation radio:

©Guy Banville 2003
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