Le visuel 50%
La perception du public repose à 50% sur le visuel. Notion évidemment inutilisable en radio, elle est la clef de la présence en public. Les professionnels, habitués à la télé, ont un langage non verbal étudié. Leurs gestes sont naturels et élégants. Ils sont surtout lents car l'effet de la vitesse d'un geste est multiplié à la télévision. En public, cette lenteur engendre une impression d'assurance, de prestige.
En les observant attentivement, nous constatons que leurs gestes semblent planifiés. En fait, il s'agit plutôt d'un réflexe de 2 ou 3 positions du corps et des mains qu'ils ont développé avec le temps et qui alternent au cours de leur prestation. Pour développer ces positions de base, un débutant doit s'entraîner devant un caméscope et rechercher les postures les plus naturelles tout comme l'artiste de la télévision.
Le karaté est un exemple où les gestes qui se développent par un entraînement du mouvement par étape. Le corps commence à bouger, le geste est fait et le corps reprend sa position équilibrée. Contrairement au mime et au magicien qui connaissent entièrement leur routine de gestes, les professionnels qui s'expriment en public en utilisent peu, mais avec précision et fluidité. Ils en ont expérimenté l'impact visuel auprès de l'auditoire tout comme un acteur sur scène.
Insistons sur l'importance du regard. Tous les conférenciers expérimentés savent qu'il faut fixer un point dans la salle puis le déplacer vers un autre point et ainsi de suite. Ce n'est guère un problème pour les animateurs qui baladent leur regard d'une caméra à l'autre à la télévision. Comment obtenir l'impression que l'on s'est adressé à vous autant qu'à la salle entière? Le regard!
Dernier aspect visuel : le style vestimentaire. Les débutants le sous-estiment. Cela n'a aucune importance en studio radio, mais en public beaucoup d'animateurs négligent l'impact d'une tenue mal étudiée. Tenue banale, tenue aux couleurs qui ne leur conviennent pas sous un gros éclairage, tenue qui ne tient pas compte de la spécificité de l'audience ou de la nature de l'événement, bref manque de recherche d'un style, n'importe lequel mais un style!
La forme 40%
Combien d'animateurs se sont fait piéger par une mauvaise sonorisation? Plusieurs, c'est courant et pourtant beaucoup de problèmes de ce type peuvent être évités avec un minimum de préparation. Un professionnel obtient les informations importantes avant l'événement. Nature de l'équipement technique, plan de la salle, renseignements sur l'audience et scénario du déroulement sont au nombre des éléments qu'il étudie en amont.
Avec une configuration idéale, la forme, soit la manière de dire les choses, agit presque autant que le visuel sur la perception du public. À nouveau, l'observation des professionnels révèle des tuyaux :
Leur approche est individuelle. Ils possèdent un répertoire de structures verbales bien à eux.
Ils préparent une ouverture forte parce qu'ils savent que l'impression du public se crée dès les premières secondes. Leur expérience leur permet ensuite de poursuivre jusqu'à la finale, elle aussi préparée. Ils en font tout autant lorsqu'ls repèrent un microphone dans une pièce même s'il n'est pas prévu qu'ils s'expriment en public. De cette manière, ils ne sont pas pris au dépourvu si on les invite spontanément à parler au micro.
Leur technique d'interactivité avec l'auditoire est éprouvée. L'art de poser des questions, celui de gérer un chahuteur et d'assurer le protocole fait partie de la gamme de ses habiletés.
Le contenu 10%
Étonnante, n'est-ce pas, cette faible contribution du contenu à la perception de l'audience. Le message est le média, écrivait Marshall Mac Lulhan. Dans ce cas, le phénomène est sans doute lié à la capacité de mémorisation de l'audience.
On retient:
- 20% de ce que l'on entend
- 30% de ce que l'on voit
- 50% de ce que l'on entend et voit