Comme le disait Fellini, les étiquettes sont faites pour les bagages et non pour les gens. Mais bon ! Voici 4 catégories d'animatrices ou animateurs radio selon Guy Banville:

Première catégorie :

L'animateur traditionnel

C'est celui qui a du talent, du moins le talent de base nécessaire pour ce métier. Leur apprentissage se fait habituellement avant l'âge de 25 ans. Ensuite, c'est la lente installation voire la période psycho facile ! La décennie des paradoxes ; le plaisir et la tristesse, l'espoir et la lâcheté, la vitesse invisible et l'incapacité à déceler le prélude de la crise existentielle qui arrive sournoisement! Je connais plusieurs animateurs de 35 ans qui ont sensiblement le même style qu'à 25 ans. Plus d'assurance, plus d'expérience mais bourrés de mauvaises habitudes et installés dans un système de clichés et de routines, ces animateurs n'ont pas appris à apprendre. Ils ont sans s'en apercevoir oublié d'évoluer. Ils sont comme beaucoup d'entre nous, ils ne demandent pas mieux que de faire ce que l'on leur demande. Ils sont radiophoniquement corrects. La radio compte abondamment sur eux et ils comptent sur la radio car l'animation est leur seul métier. Ils gagnent leur vie mais ils sont rarement appelés à des grandes réussites ce qui en soi n'est pas un désastre dans la profession, juste un contre-exemple, un chemin inquiétant.

Deuxième catégorie :

L'animateur génial éphémère

Cette catégorie concerne ceux qui ont beaucoup de talent. Ils sont «tombés dedans quand ils étaient petits ». Ils connaissent rapidement le succès. Mais ce que j'ai souvent constaté dans cette catégorie, c'est qu'ils deviennent victimes de leur talent et prisonniers de leur grande intelligence certes, mais à laquelle il manque la capacité ou la volonté d'ouverture vers l'extérieur. L'évolution est plutôt triste. Plus ils réussissent moins ils travaillent. Plusieurs m'ont dit qu'ils commençaient à réfléchir quelques secondes avant d'ouvrir le micro. Ils perdent toute capacité d'écoute. Tout le monde a tort, ils sont les seuls à avoir raison, à savoir ce que les auditeurs veulent et se déclarent aptes à séduire les gens de 7 à 77 ans. Ils rejettent toute recherche, toute critique ou recommandation, et commencent lentement à détester tout le monde. Leurs modèles deviennent les meilleures vedettes de la planète, rien ne leur résiste. Ils se comparent subjectivement aux plus grands ; ils sont devenus les plus grands, les meilleurs. Malheureusement ce n'est pas toujours le cas. Au fil du temps, il n'y a plus de nouveautés, le répertoire qui fonctionnait tant ne fonctionne plus et les auditeurs se lassent.

Troisième catégorie :

L'animateur génial évolutif

La troisième catégorie concerne peu d'élus. La loi de Pareto s'applique d'une manière impitoyable : 20% des animateurs décrochent 80% du succès radio.

C'est la catégorie des animateurs qui ont beaucoup de talent. Ce qui les différencie, c'est leur capacité de travail. Ils sont P.D.G. de leur entreprise qui compte un employé, eux ! Ils gèrent leur carrière avec méthode et technique, avec créativité et organisation. Ce sont des créatifs structurés, des êtres déterminés et courageux. Non seulement acceptent-ils la critique mais ils la provoquent, ils ont besoin d'intrant, d'idées pour évoluer, c'est leur matière première, ils ont pigé et agissent en conséquence.

Quatrième catégorie :

L'animateur exceptionnel

Cette catégorie déroge systématiquement à toutes les règles. C'est le royaume des grandes qualités et des grands défauts. Ces animateurs « top » peuvent être sensibles, inquiets, repliés sur eux-mêmes, entêtés, d'un grand ego, parfois rebelles et cabotins. Ils sont différents.

©Guy Banville 2003

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